Les Dolomites


Nous sommes le dimanche 15 février : coup de chance, c’est la première médaille d’or pour le Canada. Notre compatriote Mikaël Kingsbury est le premier à faire résonner le Ô Canada dans les magnifiques montagnes des Dolomites, et partout sur la planète grâce aux réseaux de télé et à Internet. Sa 5e médaille : une médaille à chacun des cinq Jeux olympiques auxquels il a participé. Deux fois l’or et trois fois l’argent.

Je n’ai jamais participé à des compétitions, je veux dire dans le style : tu te défonces pour avoir une médaille. Ou si, une fois, quand j’avais environ 10 ans, je crois. J’étais quand même plutôt grand, le ++ de ma classe, et mince, comme un madrier, qu’on disait autrefois. Alors mes parents, qui m’aimaient beaucoup, m’avaient inscrit à une course à pied sur une piste d’athlétisme circulaire de 400 mètres qu’on appelait, à cette époque lointaine, le quart de mile, parce que les mètres n’étaient pas encore rendus chez nous. Les compétitions étaient organisées dans une ville à 100 km de chez nous et duraient une journée entière. Mes parents m’y avaient amené en voiture dans l’espoir de voir leur rejeton remporter une médaille de plastique, ou quelque chose du genre. Eh bien, à bout de souffle après deux ou trois tours, parce que je ne courais pas souvent, j’avais vite réalisé que j’étais moins que moyen, si on peut dire, et j’avais compris qu’il valait mieux pour moi me consacrer à l’étude des mathématiques.

Depuis cette première médaille d’or pour le Canada, plusieurs autres athlètes ont aussi remporté des médailles, à coups de grands sacrifices à l’entraînement, de dépassement de soi, de risques mesurés pour être les plus grands, et on leur doit beaucoup. Mais les Jeux finis, on oublie souvent comment plusieurs d’entre eux se porteront après : des blessures à soigner, des difficultés au niveau psychologique, quand ils rentreront chez eux. La vaisselle à laver, les couches du bébé à changer… et quoi encore. Après la fameuse descente de ski à bosses en parallèle qui a donné à Mikaël la médaille qu’il convoitait tant pour finir en beauté sa carrière de pro des bosses, l’image qui m’a le plus impressionné, ce ne sont pas les médailles. C’est quand on a vu les trois champions bien collés ensemble : Mikaël Kingsbury, l’or ; Ikuma Horishima (Japon), l’argent ; et Matt Graham (Australie), le bronze. Et chacun avait dans ses bras son enfant en bas âge. Pour moi, qui suis grand-père depuis un bon moment, la médaille n’était pas dans le cou, mais dans les bras de ces jeunes papas. Je rêve ? Pas tant que ça. C’est la vie qui continue. N’est-ce pas cela qui compte le plus ?

Les Dolomites, inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO, forment un massif immense dans les Alpes italiennes. C’est le rendez-vous des skieurs et des autres amoureux du plein air. Tout y est, au gré des saisons. C’est un endroit parfait pour les Jeux olympiques, parce que toute la région regorge d’infrastructures pour les touristes. C’est une région que je n’ai jamais visitée en présentiel. Alors je suis allé y faire un petit tour rapide en vidéo. J’ai même eu la chance d’utiliser la plus longue tyrolienne d’Europe. Voici, en raccourci, la faune et la flore que j’y ai rencontrées :