Tristan et Isolde


Samedi 21 mars, équinoxe de printemps pour les scientifiques, Jour de la Terre pour les amoureux de la nature : le moment où tout revient à la vie… sauf au Québec, où il faudra attendre le jour J, le 1er avril — en espérant que ce ne sera pas un poisson d’avril, comme dans la culture populaire.

Mais Tristan est mourant. Il a été ramené dans son château en Bretagne. Il gît sur son lit, blessé à l’abdomen par un coup d’épée à la suite d’un duel. Son âme est encore vive pendant que son corps saigne. Son esprit flotte au-dessus de lui, apparaissant en gros plan, en direct, sur grand écran. Dans la salle, tout est silence; seule la musique de Richard Wagner traverse les murs du cinéma.

L’histoire est éternelle. Elle provient d’une légende médiévale. Richard Wagner l’a mise en musique et en chant en 1865, à Munich, sous le titre (en allemand) Tristan und Isolde. Aujourd’hui, un samedi après-midi, la même histoire vient hanter les spectateurs au Metropolitan Opera du Lincoln Center, à New York. Et grâce à la magie d’Internet, en moyenne 300 000 spectateurs à travers le monde y assistent en direct. Des gens de toutes nationalités et de toutes langues peuvent suivre l’intrigue grâce à une traduction simultanée offerte en six langues. À chaque fois, c’est un grand événement!

Ici, dans la grande région de Montréal, les cinémas Cineplex retransmettent les spectacles du Met en direct et offrent également des reprises pour ceux qui les ont manqués. Il arrive que New York soit au centre de l’univers… pour les bonnes raisons!

Au Met, tout est grandiose. Rien ne ressemble à du déjà-vu : une scénarisation digne d’une mise en scène de Robert Lepage — qui y a d’ailleurs déjà signé un opéra —, des choristes et des chanteurs de toutes nationalités, et bien sûr, depuis déjà huit ans, notre Yannick Nézet-Séguin à la direction musicale officielle.

Si vous souhaitez voir un opéra du Met ici même à Montréal, il reste encore deux représentations d’ici la fin de la saison : Eugène Onéguine de Piotr Ilitch Tchaïkovski le 2 mai, et El Último Sueño de Frida y Diego le 30 mai. Vous voulez voir Tristan et Isolde en reprise? C’est possible dans certains cinémas à partir du 11 avril. Consultez les programmes à l’affiche.

Comme dans bien des opéras, le héros Tristan meurt en chantant dans les bras d’Isolde, celle qu’il a tant aimée. Et Isolde s’effondre sur scène pour rejoindre son Tristan dans l’au-delà. Voici un court extrait de ces deux âmes déchirées par la tournure dramatique des événements :