Chère cousine,
Tu pars demain, wow !
Si je me souviens bien, tu vas en Italie.
Oui, mais j’arrive à Londres.
Ah ? Je ne comprends pas, Londres, ce n’est pas en Italie…
(Je joue l’innocent pour la faire parler.)
Elle me connaît. Trop ! Elle sait que je suis le vieux qui a 2 ans de plus qu’elle. Et elle sait bien aussi que je voulais la marier quand j’avais peut-être 10 ans. Mais ça, c’est une autre histoire. Déjà à cet âge, je savais qu’on n’avait pas le droit de marier sa cousine, religion oblige.
Ben oui, on reste à Londres quelques jours. Ma fille va à Londres pour son travail. Après, c’est en Italie qu’on se rend, pour mon cadeau d’anniversaire.
Là, je ne te suis pas…
Oui, ma fille doit aller à Londres pour son travail, mais elle m’a offert un voyage en Italie toutes dépenses payées pour mon anniversaire.
Wow, chanceuse !
Ça, elle me l’avait déjà dit au téléphone, mais j’oublie vite ces choses-là, vous comprenez… à mon âge ! Elle doit répéter, répéter.
Qu’est-ce que vous allez voir à Londres, en quelques jours ?
Je veux être négatif un peu. J’aime ça. Surtout que Londres ne me dit pas grand-chose : le vieux Tower Bridge avec ses deux tours, bon pour les photos, pis le Big Ben, une vieille horloge qui date de 1859. (J’ai fait mes recherches dans Wiki.) Ma cousine ne semble pas apprécier ma question. Alors je n’attends pas de réponse et je me tourne directement vers la botte méditerranéenne. J’ai décidé de la mettre en confiance.
Je sais que tu m’as déjà dit que tu allais en Cappadoce, c’est ça ?
C’est un bon guess, tout le monde va en Cappadoce. Même moi, j’y suis allé. C’est pas mal, si on aime les hauteurs, les routes sinueuses, ces choses-là…
Oui, oui, ensuite on va à la mer !
Où ça, la mer ? (Ça, c’est dans ma tête, mais je garde la question pour moi.)
Mauvaise question, ma cousine n’a jamais été très douée pour l’orientalisme. Et je sais que lui poser la question, c’est comme lui faire passer un test. Je passe tout de suite à une autre question plus amoureuse… je ne sais pas si c’est le mot juste… pardonnez mon manque de vocabulaire.
J’espère que vous allez vous arrêter pour voir Venise, la lagune, les canaux et les gondoles, le pont des Soupirs et les amants de Venise.
Oui, oui, c’est sûr ! (Et je l’entends au téléphone faire un long soupir.)
J’en rajoute une couche :
Et Vérone, j’espère. Voir le fameux balcon de Juliette !
Hum ?
Oui, tout le monde s’arrête à Vérone juste pour voir le fameux balcon…
Je sais que dans la vraie vie, elle n’a pas été très chanceuse dans les histoires d’amour. Divorce très tôt dans le mariage, des amours toujours en queue de poisson, faut pas parler de ces choses-là. C’est trop sérieux. Alors fini l’histoire de Roméo et Juliette ! Je passe à autre chose :
Vous allez à Rome ?
Oui, on finit notre voyage à Rome. Cinq jours.
Rome, j’ai adoré. Pour l’histoire, pour vérifier si j’avais bien compris mes leçons d’histoire au collège : cette histoire de la Rome éternelle, les deux jumeaux Rémus et Romulus, abandonnés à la naissance, allaités par une louve, élevés par un berger, puis ils ont construit le Colisée en seulement 8 ans, pas croyable ! Mais je ne veux pas briser le plaisir de ma cousine préférée à découvrir cette fameuse ville de l’Antiquité par elle-même. Alors je lui dis tout simplement :
Bon voyage !
Je suppose que plusieurs d’entre vous partez en voyage cet été. J’en profite pour souhaiter à vous aussi bon voyage ! Si vous cherchez de la chaleur, Rome, c’est ce qu’il vous faut. En attendant, eh bien on peut jeter un coup d’œil à la vie romaine telle que photographiée en ces temps anciens :
P.S. Si vous préférez admirer la grandeur de Rome à l’air climatisé, eh bien c’est à Montréal même que ça se passe. Au Musée des Beaux-Arts de Montréal jusqu’au 19 juillet, la très majestueuse exposition de sculptures romaines jamais sortie d’Europe, la Collection Torlonia. L’unique ville au Canada à avoir pu recevoir cette exposition: Montréal ! Le 20 juillet, la collection retourne en Italie pour y rester dans un musée dédié à Torlonia.
